Si l’on peut souvent reprocher aux radios de diffuser sempiternellement les mêmes titres de certains artistes (à quand Otis chantant You Don’t Miss Your Water ou Marvin et son Piece Of Clay sur les ondes ?), il y a une injustice encore plus grande : les artistes que l’on n’entend pour ainsi dire jamais. Depuis la naissance de la soul et du rythm’n'blues, une pléthore de disques inoubliables sont restés dans l’ombre et quelques chanteurs sont retombés dans un oubli quelque peu relatif : Donny Hathaway a beau avoir été namechecké par Amy Winhouse dans Rehab, sa musique reste malheureusement sous-diffusée. Voici donc huit artistes (parmi tant d’autres d’ailleurs) qu’il ferait bon d’entendre de temps en temps.
Le site officiel du groupe nous l’annonçait l’an dernier : 2012 sera l’année des Doors. Avec pour commencer une version Deluxe de l’album L.A. Woman, ultime album du groupe avec Jim Morrison. D’autres surprises sont prévues pour l’année (notamment un coffret de sessions du même album), et loin de chanter les louanges des opérations commerciales opérées depuis quinze ans (une masse innombrable de remasters, de concerts inédits et d’intégrales qui ferait perdre la tête au plus placide des collectionneurs), le moment semble bien choisit pour se pencher sur ce groupe définitivement hors normes en sortant un peu des sentiers battus.
Plaider la cause de Paul McCartney n’est pas facile. Paul, le bon garçon aux joues rondes et aux ballades gentillettes que l’on oppose à John, écorché vif, précurseur, chantre de la paix. John Lennon, c’est la grande gueule charismatique, Strawberry Fields Forever et Imagine. Paul McCartney, c’est ob-la-di, ob-la-da. Ce raccourci donne pourtant une image complètement faussée et depuis quelques années, des livres tentent de rétablir la vérité. Et comme preuves ces collaborations parfois inattendues et ces disques sortis sous pseudonyme que l’on retrouve au fil de sa discographie.
octobre
15
« On la refait » : les étonnants brouillons de huit classiques
Alors que les labels nous noient sous une profusion de rééditions et d’éditions commémoratives, j’éprouve un mélange de joie et de colère : la joie de retrouver des enregistrements archivés, des versions que l’on pensait perdues à jamais ou dont nous n’avions jamais entendu parler laisse la place à la colère d’avoir été berné toutes ces années où nous n’avions droit (au mieux) qu’à un titre bonus sur une réédition alors que les enregistrements pirates, au son plus que douteux, débordaient de trésors. Fallait-il réellement attendre 2011 pour le coffret Smile des Beach Boys (album inédit de 1967), une intégrale Gainsbourg digne de ce nom ou la tentative d’album que Pink Floyd enregistra entre The Dark Side Of The Moon et Wish You Were Here? (enfin, pour ce dernier album nommé The Household Project, on n’aura que deux titres, c’est peut être tout ce qui existe)
Les intentions purement mercantiles des labels ne doivent pas nous faire oublier les sacrées découvertes de ces sorties, comme les premières versions de titres devenus ensuite célèbres sous une autre forme. Voici une petite sélection de ces titres inédits ou rares (ou simplement tirés d’albums passés complètement à côté du grand public, comme c’est le cas pour Nino Ferrer et Simon & Garfunkel)
La mort d’Amy Winehouse en juillet a fait naître un grand nombre d’articles et de posts sur ce fameux Club des 27. Et le vingtième anniversaire de l’album Nevermind nous promet un autre grand nombre d’articles et de posts sur un autre membre de ce club, Kurt Cobain. Histoire de faire comme tout le monde sans faire comme tout le monde, voici huit titres (et un bonus) pour un voyage dans l’univers sombre d’un artiste qui, comme tant d’autres, nous a quittés beaucoup trop tôt.
juillet
25
8 titres qui ne seront jamais tubes de l’été (…et bien heureusement, d’ailleurs)
Il y a les danses de l’été… et il y a les titres qui parlent de l’été, sans spécialement ressortir les clichés des bonheurs du soleil, de la plage et des amours saisonniers. Voulant faire une playlist spéciale en tentant de proposer quelque chose de différent, j’ai sélectionné huit titres (et un bonus) plus en accord avec ce temps pluvieux dont nous gratifie la météo en ce moment.
Après une première partie consacrée à des albums sortis en 1971 ne bénéficiant pas de la réputation de mastodontes comme L.A. Woman, Imagine ou Who’s Next, cette seconde partie est composée de reprises de ces albums cultes. Le choix fut rude tant les reprises de Jealous Guy, Ain’t No Sunshine ou Shaft abondent, et que le statut mythique de titres comme Stairway to heaven transforme en sacrilège toute tentative de ré-interprétation. Mais en s’ouvrant un peu l’esprit sur d’autres univers, on peut parfois trouver de bonnes surprises…
1971, c’est l’année de la disparition des shillings, de la naissance de Médecins sans frontières et de la destruction des Halles de Paris. C’est aussi l’année de sortie d’Imagine de John Lennon, de What’s Going On de Marvin Gaye, de Who’s Next des Who et de Melody Nelson de Serge Gainsbourg. Pour le quarantième anniversaire de cette année musicalement fertile, voici une première playlist tirée de neuf albums moins connus sortis cette année-là.
Difficile de passer à côté du fait que 2011 est l’année Gainsbourg. Le vingtième anniversaire de sa mort s’est répandu ces derniers mois dans les émissions télés, sa musique revient en force dans les spots de pub… et pour fêter ça, sa maison de disque sort une énième intégrale. Il faut bien reconnaître que pour une fois, les choses ont été bien faites : l’intégrale en est vraiment une, le son remasterisé fait mieux ressortir la voix du maître et les orchestrations et on a même droit à quelques inédits et raretés. Tout ceci fait que si l’on met de côté les rares oublis et la modification de dernière minute qui nous a coupé 14 morceaux de la tracklist finale (des problèmes de droits), cette intégrale apparaît véritablement comme la définitive.
J’ai voulu participé à ces festivités à ma manière en essayant de répondre à cette question : combien de personnes habitaient exactement Gainsbourg ? La liste des personnes pour qui il composa est immense et d’un éclectisme rarement égalé. Si l’on rajoute à cela les artistes ayant repris amoureusement ses titres, ceux avec qui il collabora et les bandes originales, on se retrouve face à une montagne de travail. J’ai donc essayé d’éviter les lieux communs et les quelques faux pas pour présenter versions et titres moins connus et proposer un éventail tiré d’univers musicaux très différents.
En musique, la surprise peut être un élément de grandeur. Imaginez par exemple la surprise qu’ont pu ressentir les premiers auditeurs d’albums comme Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, Fun House ou A Love Supreme… Mais parfois les artistes n’arrivent pas à trouver le savant mélange qui les fera passer au stade supérieur et se trompant allègrement dans les doses de nouveauté et de classique sortent un album qui est loin de faire l’unanimité. Parfois, ce n’était juste pas le bon moment pour sortir un tel disque. Et parfois, une petite baisse de forme fait accoucher d’un album qui aurait mérité un peu plus d’efforts et si ce dernier sort après un grand succès commercial, là où le moindre faux pas devient impardonnable, le petit disque moyen se transforme en catastrophe. Commercialement, ces albums surfent souvent sur le succès du moment de l’artiste et peuvent se vendre par millions, mais bien vite, le soufflé retombe et les fans commencent à blacklister de leurs platines ces galettes indignes. J’aime comparer les disques aux grands vins : certains ont besoin de quelques années de cave avant qu’on puisse en apprécier la substantifique moelle en laissant de côté ses préjugés et les mauvais souvenirs d’une première écoute trop prématurée. Et malheureusement, au même titre que les albums oubliés, il a les albums mal aimés. En voici 16 qui ne méritent peut-être pas la réputation qu’ils traînent depuis leur sortie, car en les écoutant loin de toute passion, après tout, ils ne sont pas si mauvais.