Le site officiel du groupe nous l’annonçait l’an dernier : 2012 sera l’année des Doors. Avec pour commencer une version Deluxe de l’album L.A. Woman, ultime album du groupe avec Jim Morrison. D’autres surprises sont prévues pour l’année (notamment un coffret de sessions du même album), et loin de chanter les louanges des opérations commerciales opérées depuis quinze ans (une masse innombrable de remasters, de concerts inédits et d’intégrales qui ferait perdre la tête au plus placide des collectionneurs), le moment semble bien choisit pour se pencher sur ce groupe définitivement hors normes en sortant un peu des sentiers battus.
Comme toujours, la playlist est écoutable par le gadget 8tracks ci-dessus.
John Lee Hooker & Jim Morrison – Roadhouse Blues
Extrait de Stoned Immaculate: The Music of The Doors, 2000
Stoned Immaculate n’est pas l’album-hommage habituel. Déjà, les membres du groupe jouent dessus. Et ensuite, deux ainés, Bo Diddley et John Lee Hooker, reprennent des compositions qui avaient largement subit leurs influences pour commencer. Car on semble l’oublier, mais les Doors étaient avant tout un groupe de blues. Faisant écho à leur propre reprise de Crawling King Snake, John Lee Hooker, auteur dudit titre, renvoi l’ascenseur avec Roadhouse Blues. Et cerise sur le gâteau, sur ce titre TOUS les membres du groupe sont présents, la voix de Jim Morrison étant tirée des sessions de 1969.
Robby Krieger – Crystal Ship
Extrait de Versions, 1982
Un leader charismatique, ça fait son show, ça fout son bordel, bref, ça permet d’assurer à un groupe de rester à l’affiche (même si ce n’est pas toujours pour les bonnes raisons). En revanche, il est toujours compliqué pour un groupe de survivre à sa mort, n’est pas New Order qui veut. Après le départ de Jim Morrison d’abord pour la France puis d’autres horizons, les autres membres ont tenté de faire survivre l’enseigne le temps de deux albums, Other Voices et Full Circle. Le groupe se sépare en 1972 mais les membres survivants n’ont jamais perdu depuis une occasion pour rejouer ensemble, comme sur cette version instrumentale de Crystal Ship tirée du second album solo du guitariste Robby Krieger.
Soundgarden – Waiting For The Sun
Extrait de Live on 1-5 Bonus Disc: The Soundchecks, 2011
La concoction de cette plalist m’a fait réaliser que les reprises des Doors ne sont pas légion. Bien sûr, il y a le sempiternel Light My Fire, qui, lui, a été repris à toutes les sauces, jusqu’à plus soif, et j’ai donc décidé de l’exclure, aucune version n’étant mémorable (en dehors peut-être de celle de Jose Feliciano). Soundgarden reprenant les Doors, en revanche, c’est plus inattendu. Et qui plus est, Waiting for the sun, pas un des titres les plus connus, enregistré à l’origine pour l’album du même nom et finalement publié deux ans plus tard sur Morrison Hotel. La version de Soundgarden est parue sur un disque bonus accompagnant un album live retraçant leur tournée de 1996.
Butts Band – Don’t Wake Up
Extrait de Hear & Now, 1975
Réalisant à la dissolution du groupe qu’il leur fallait retrouver un Jim, Robby Krieger et John Densmore partent recruter en Angleterre pour un nouveau groupe, The Butts Band. Après un premier album éponyme enregistré en Angleterre et en Jamaïque, ils renouvellent l’équipe (les musiciens anglais, exilés en Californie, ayant le mal du pays) pour un second album s’ouvrant sur une surprenante reprise de Get Up, Stand Up des Wailers. Deux disques assez plaisants où les influences funk / soul ont gommé le côté mystique de leur ancien groupe.
Arbors – Touch Me
Extrait de The Arbors Featuring I Can’t Quit Her/The Letter, 1968
The arbors est un groupe folk/rock, avec un son proche de Harpers Bizarre, The Association ou Simon & Garfunkel (dont ils ont d’ailleurs repris For Emily, Whenever I May Find Her). Ils enregistrent en 1969 un album où figurent des titres de Bob Dylan ou des Doors en ajoutant leurs délicates harmonies vocales. Cela donne notamment ce Touch Me au son terriblement anachronique, alors que les deux groupes étaient des contemporains. A noter que dans la compilation Stoned Immaculate, c’est Ian Astuburry (ex-chanteur de The Cult) qui s’y colle ; quelques années plus tard, Ian reprendra le rôle de Morrison auprès de Manzarek, Krieger et Densmore pour quelques concerts sous le nom de Doors of the 21st Century.
Ray Manzarek – I Wake Up Screaming
Extrait de The Whole Thing Started With Rock & Roll Now It’s out of Control, 1974
Alors que ces compères reforment un nouveau groupe The Butts Band, l’ex-clavier des Doors Ray Manzarek continue, lui, l’aventure en solo. The Golden Scarab et sa suite, The whole Thing Started With Rock & Roll Now It’s Out Of Control (plus long, il n’avait pas trouvé) prolongent l’esprit du groupe ; on y retrouve même sur I Wake Up Screaming une jeune recrue, disciple de Jim Morrison : Patti Smith. En 1983, il sortira également une version « modernisée » des Carmina Burana.
Jimmy Somerville – People Are Strange
Extrait de Suddenly, Last Summer, 2010
Oui, c’est bien lui. Celui de Bronsky Beats, des Communards, et de quelques reprises malheureuses. Aux côtés de sa carrière de faiseurs-de-tubes-pour-dancefloors, il enregistre, à la suite de deux concerts acoustiques donnés en Australie, l’album Suddenly Last Summer en 2009. L’album laisse de côté les synthés et les boîtes à rythme et exécute encore des reprises mais cette fois-ci plutôt réussies, comme le montre sa version de People Are Strange qui met l’accent sur le côté cabaret du titre.
The Doors – Orange County Suite
Extrait du coffret The Doors : Box Set, 1997
Pour vendre leur énième version de L.A. Woman, un inédit issu des sessions de l’album a été rajouté, She Smells So Nice. Appeler ça un inédit n’est pas très honnête, ce n’est que l’extrait d’une improvisation très bluesy, et reste très loin du niveau global de l’album. En revanche, la précédente réédition avait comme titre bonus cette ballade tirée d’un coffret d’inédits. La trame de la chanson, avec la voix Jim Morrison et son piano, est tirée des enregistrements connus sous le titre de The Paris Tapes, derniers enregistrements commis avant son décès, et principalement composés de poèmes. Pour cette version, les autres membres ont complété l’enregistrement pour offrir un ultime morceau du groupe. D’autres extraits des Paris Tapes (mais parlés cette fois-ci)
ont servi de base pour l’album An American Prayer.
Titre Bonus : Australian Doors Show – Stairway To Heaven
Extrait de Stairways To Heaven, 1992
En bonus, un exercice de style, où un groupe hommage joue le titre culte de Led Zeppelin à la sauce des Doors. La version a été enregistrée pour les besoins d’une rubrique de l’émission australienne The Money or the gun où chaque semaine, un invité musical offrait sa propre version de Stairway to heaven (ça allait de la version à la Beatles au délire Wagnérien en passant par la techno et le gospel).
La photo illustrant cet article est un « mugshot » réalisé par les services de police de Tallahassee en 1963 (le premier d’une longue série) où le jeune James Douglas Morrison, alors étudiant en cinéma, avait foutu le bordel pendant un match de football. La légende n’était pas encore née.
[...] 8 titres pour célébrer l’année des Doorswww.metronomie.fr/8-titres-pour-celebrer-l%E2%80%99annee-des… par gootsy il y a quelques secondes [...]
28 janvier 2012 21:27